| Broderie |
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| En Algérie, la broderie est un artisanat pratiqué aussi bien dans ville qu'en milieu rural. Alors que la broderie citadine s'est enrichie des influences de la décoration andalouse et orientale, la broderie rurale, elle, conserve dans certaines régions la décoration berbère faite de ces mêmes motifs géométiques qu'on retrouve sur les tapis et autres poteries. |
La broderie, grande tradition séculaire, nous met en face d'indices passionnants de la vie passée.
Les ouvrages crées durant des générations éclairent plus d'un sur la vie d'antan, les motifs,
les costumes et les techniques de production nous indiquent d'une bien belle manière comment vivaient
les aînés.
Les aspects différents de la vie de tous les jours sont «racontés» sur des étoffes
délicates, parfaits indices du potentiel imaginatif et créatif qui sont un témoignage de savoir-faire,
indissociable de la maîtrise des matériaux au service de la grâce.
L'utilisation de la laine, de la soie, du lin ou bien du coton est universelle, de même pour le choix de certains points
comme le point de chaînette et le point de croix que l'on retrouve dans le monde entier.
Au niveau des formes on aura observé que certains motifs suivent très nettement les axes de commerce et les
voies de la colonisation.
Les signes religieux dus aux référents traditionnels marqués sont très répandus sur les ouvrages.
En Algérie, la broderie n'a connu de véritable essor qu'après la colonisation turque. Ces derniers ont
opté pour des tendances stylistiques enrichies par des apports arabes et perses.
L'apport andalou n'est pas négligeable, de ce fait le Maghreb hérite dès le XVème siècle de
ses incidences artistiques dont les villes d'accueil sont Rabat, Fès, Tlemcen, Alger et Tunis.
De cette symbiose de styles andalou et turque naquit un art décoratif dont l'exquise expression trouvera son
épanouissement aux XVIII ème et XIXème siècle à travers de superbes broderies sur taffetas,
sur étoffes légères, étaminées (étoffe mince non croisée), sur du velours ou du cuir.
Un art qui se perpétue de jour en jour, d'année en année, avec cette magie renouvelée
inscrite sur soie.
Délicieuse incursion dans des mondes de sensualité latente qui se délie doucement sur des tissus à
la beauté pure, les femmes, garantes de la revalorisation de la broderie, se partagent le savoir-faire et s'échangent
les formes nouvelles et les calques aux motifs riches en graphismes.
Souvent une femme était complimentée sur le doigté et on s'amusait à dire que chaque doigt
possédait un art particulier d'où l'expression «
koulsbaâ b'sanaâ».
Le
Tarz (broderie) est aussi symbole de raffinement, de sérénité et de sérieux,
on ne se délectera jamais assez de voir une jeune fille sur une terrasse de la casbah penchée sur son petit
tambour pour élaborer des œuvres aux belles arabesques et déliés subtils.
Le processus de la fabrication
L'étoffe, schéma, les points, application
sur tissu, ... --->